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LeLynx rencontre Blablacar : l’avenir du covoiturage par Laure Wagner


Blablacar a récemment publié une étude sur l’impact du covoiturage sur la réduction des émissions de CO2. On a rencontré Laure Wagner, la porte-parole, qui annonce la couleur pour le futur : Ouibus, économies, assurance auto…

Laure Wagner porte-parole de Blablacar

Votre étude montre que le covoiturage réduit les émissions de CO2 en augmentant le remplissage des voitures…

On a analysé que sur les trajets de moins de 800km, en Europe, 76% des gens utilisent encore la voiture individuelle ; 1% le covoiturage. Notre but est d’augmenter la part du covoiturage dans les trajets en voiture. Deux couples qui font le même voyage feraient mieux de le faire ensemble.

Le Conseil européen vient d’indiquer les normes légales d’émission de CO2 pour 2025 et 2030. Est-ce que vous allez avantager certaines voitures, et bannir les voitures qui seront hors-la-loi ?

Nous n’avons pas encore de fonctionnalité en rapport avec cela. A l’avenir, je pense que l’on fera des avancées dans ce sens. On a toujours évolué pour améliorer l’impact écologique. Cela pourra se traduire par des vignettes vertes, par exemple. On a l’avantage de connaître les voitures de nos membres, donc on pourra agir en conséquence.

On a souvent envie de faire du covoiturage, pour des raisons économiques, quitte à polluer plus et prendre plus de temps qu’en train…

En France, prendre le TGV est plus écolo que la voiture. Mais tout le monde ne réfléchit pas comme cela. On sait que sans Blablacar, les voitures seraient plus nombreuses sur la route. Bien sûr, pour faire un Paris-Bordeaux ou un Lyon-Paris, je suis partisane des grands axes TGV. Sauf dans les autres pays, comme en Ukraine et en Pologne, où les trains crachent beaucoup de charbon. Mais nous sommes davantage une solution de substitution pour les voitures qui polluent en roulant à vide.

Comment s’est passé le rachat de Ouibus ? Est-ce une manière de concurrencer les TER ?

Non, Ouibus concurrence la voiture individuelle. Pendant les grèves de la SNCF, nos voitures étaient toutes pleines. Ouibus nous a demandé qu’on propose les réservations sur notre plateforme. En interne, c’était un grand changement par rapport à notre domaine habituel. Ça a cartonné. Quand la SNCF a cherché un repreneur pour Ouibus, on s’est positionnés. Le but, maintenant, est de lier la croissance du covoiturage à celle des bus.

Vous misez sur les bus comme solution de mobilité pour l’avenir ?

On travaille sur l’existant. En Russie, on a eu une expérience intéressante. Les entreprises de transports en bus publiaient leurs trajets sur Blablacar et les gens réservaient directement leurs billets. On les a longtemps bannis et bloqués, avant de se rendre compte qu’au lieu de cela, il valait mieux les intégrer officiellement, car les utilisateurs étaient très demandeurs. Là-bas, ils n’ont pas de plateforme, seulement des guichets matériels, c’est plus compliqué. Aujourd’hui, les voyages en bus marchent très bien en Russie. Nous avons des contrats avec 200 compagnies d’autocars. Cela nous a convaincu qu’il fallait corréler le covoiturage et les bus, proposer les deux aux passagers.

blablacar covoiturage

La principale question que Lelynx.fr se pose, en tant que comparateur d’assurance, c’est : qui est responsable en cas d’accident ?

Les passagers sont considérés comme la famille ou les amis du conducteur. Ainsi, c’est la responsabilité civile du conducteur qui s’applique. Il n’y a donc pas besoin d’assurance spécifique. On a observé une certaine méconnaissance de la part des utilisateurs. Pour les rassurer, on a travaillé avec Axa  sur un complément d’assurance. D’une part, le passager dispose d’une garantie d’arrivée à destination. D’autre part, le conducteur peut prêter son volant aux passagers.

Pourquoi avoir lancé une assurance, BlablaSure, avec Axa ?

On a l’information dont tout assureur rêve : on sait précisément comment conduisent les gens, notamment grâce au système des notes. BlablaSure est une assurance à l’année, et chaque mois, si le conducteur a fait du covoiturage, il obtient des bonus. C’est donc une assurance pas chère, car le comportement au volant en covoiturage est très vigilant.

Votre étude montre que le covoiturage incite à un meilleur comportement des automobilistes, par exemple, les vérifications sur le respect de la vitesse et sa réduction. Y a-t-il moins d’accidents ?

Je ne crois pas que l’on ait de chiffres précis, mais il est certain que l’accidentologie est minimale. 84% de nos conducteurs estiment être plus attentifs sur la route, et 70% déclarent mieux conduire grâce aux avis laissés par les utilisateurs.

Votre étude évoque 1,4 milliard d’euros économisés par les utilisateurs depuis la création de Blablacar. Comment avez-vous quantifié ce chiffre ?

Il s’agit du total des économies réalisées par les conducteurs lors de leurs trajets avec les passagers Blablacar, par rapport au prix qu’ils auraient payé sans ces passagers.

Les économies réalisées sont un argument de poids pour vos utilisateurs. Qu’est-ce qui fait que le covoiturage est aussi attractif ?

C’est avantageux à la fois pour le conducteur et le passager. Si le conducteur a trois passagers, il roule gratuitement ; en tout cas tous ses frais variables sont remboursés (péage, carburant…), même si les frais fixes restent à sa charge.

Vous donnez un chiffre assez intéressant pour les Français : à peu près 10% d’entre eux n’auraient pas voyagé sans l’alternative Blablacar. La raison est purement économique ?

En France, Blablacar est passé d’un statut de moyen de transport marginal à principal. Plus on est implanté, plus on compte dessus. Il y a deux facteurs qui expliquent cela : la proximité car c’est très pratique pour les petits trajets, et bien entendu l’aspect financier. Logiquement, dans certains pays où l’on est moins implanté, il y a d’autres solutions.

Quels grands changements Blablacar va apporter dans le futur ?

Nous avons récemment proposé un meilleur maillage, en proposant aux utilisateurs d’inscrire les vrais trajets : si c’est Versailles-Villeurbanne, ce ne sera pas indiqué Paris-Lyon. Il y a 38 000 points de départs en France, cela permet d’assurer un excellent remplissage. Nous testons une nouvelle fonctionnalité pour l’avenir : une fenêtre « Et si vous étiez passager ? » aux conducteurs inscrits sur un trajet très proposé.

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